Docteur! Enlevez-moi ces taches que je ne pourrai supporter !

Docteur! Enlevez-moi ces taches que je ne pourrai supporter !

Le mélasma,  nommé aussi « chloasma » ou encore « masque de grossesse » quand il survient chez la femme enceinte, est une maladie cutanée psychologiquement stressante.

Il est caractérisé par l’apparition de taches pigmentées sur le visage. Ces taches sont de forme irrégulière, de couleur brune, de plus en plus intense et d’apparition progressive.
C’est un motif fréquent de consultation.

En fonction de leur localisation, on décrit plusieurs formes cliniques :

  • Le mélasma centro-facial qui est la forme la plus fréquente avec des taches présentes au niveau du front, du nez, des joues, de la lèvre supérieure et du menton;
  • Le mélasma malaire qui est limité au nez et aux joues;
  • Le mélasma mandibulaire qui est caractérisée par des taches au niveau des branches montantes de la mandibule (os de la mâchoire inférieure);


Votre dermatologue, après examen spécialisé avec la lampe de Wood peut vous préciser si votre mélasma est superficiel (épidermique), répondant bien au traitement ou bien profond (dermique) dont la prise en charge est plus difficile. Enfin ce mélasma peut être mixte, càd siégeant à la fois au niveau du derme et de l’épiderme.

Le mélasma survient essentiellement chez les femmes qui ont un teint foncé (phototypes 4 et plus) mais pas exclusivement puisque les femmes à peau claire peuvent en être atteintes. La cause exacte n’est pas connue mais plusieurs hypothèses sont avancées :

L’existence de quelques cas familiaux peut suggérer une possible cause héréditaire (facteur génétique) De même que plusieurs facteurs déclenchants et aggravants sont mis en avant tels que :

  • La grossesse
  • Les traitements hormonaux dont la prise de contraceptifs oraux
  • Certains médicaments pris par voie orale
  • Certaines crèmes cosmétiques (parfum)
  • L’exposition aux rayons UV
  • Les nettoyages un peu agressifs du visage, les gommages fréquents, les frictions ou les frottements (crin ou kassa) du visage

Comment traite-t-on ces taches brunes très disgracieuses ?

Le traitement est long et n’est pas toujours satisfaisant. D’ou l’intérêt de la prévention en utilisant au quotidien une crème photoprotectrice avec un indice de protection élevé (50+) qui protège à la fois contre les UVA et les UVB. Il faut l’appliquer une demi-heure avant l’exposition et doit être répétée au moins 2 à 3 fois par jour.

Plusieurs textures existent et le bon choix sera fait par votre dermatologue ou votre pharmacien en fonction de votre type de peau. Cette photoprotection peut être optimisée par la protection vestimentaire : au minimum port de chapeau et vêtements adaptés.

Une fois installées, ces taches seront traitées avec un traitement d’attaque et surtout ne pas oublier de le faire suivre par un traitement d’entretien afin d’éviter les fréquentes
récidives à l’arrêt du traitement.

  • La préparation contenant des actifs dépigmentants : Trio de Kligman reste le gold standard des traitements prescrits. Sa formulation peut varier en fonction de l’intensité de la pigmentation. Les autres actifs dépigmentants sont à base d’acide rétinoique, d’acide kojique, d’acide azélaique, acide tranexamique et de vitamine C.

  • Crèmes éclaircissantes commercialisées en pharmacie sont intéressantes comme adjuvant. Elles sont prescrites en alternance ou bien en entretien.

  • Peelings chimiques à base d’acide glycolique et d’acide trichloracétique principalement en période hivernale. Ils doivent se faire par des dermatologues expérimentés pour ne pas obtenir le résultat inverse càd une hyperpigmentation post inflammatoire.

  • LED et Milta : Techniques qui font appel à l’émission de lumière avec des longueurs d’ondes étudiées, associée dans le cas de la milta à un rayonnement laser froid. Ces  techniques sont efficaces. Elles peuvent être utilisées seules ou mieux encore aux peelings chimiques

  • Le laser n’a pas donné de résultat satisfaisant avec parfois même des complications à type de pigmentation post inflammatoire


Conclusion

Le mélasma reste une affection cutanée bénigne certes mais disgracieuse avec un retentissement psychique et social important. La multiplicité des traitements traduit un peu l’absence d’un traitement remarquablement efficace. En plus de la prévention par photoprotection et suppression des éventuelles causes (Pilule, dermocosmétiques de mauvaise qualité, exposition abusive aux rayons UV) seul votre dermatologue, après examen clinique complet pourra vous établir un canevas de soins adaptés à votre cas et qu’il faudra suivre à la lettre.